C'est à la mairie de Montpellier, que Vincent Autin, 40 ans et Bruno Boileau, 30 ans, en couple, depuis six ans, se sont donc dits "oui" devant de nombreux amis, des élus municipaux et des associations et quelque 200 journalistes. Et ce, à peine onze jours après la promulgation de la loi Taubira, qui a donné provoqué un mouvement d'opposition de grande ampleur et qui continue de diviser le pays.

Du côté des mariés :

L'ambiance était chargée d'émotion car il s'agit du premier mariage homosexuel, célébré, en France. Par ailleurs, la présence de Najat Vallaud-Belkacem, porte parole du gouvernement avait promis aux mariés que leur mariage serait le premier prononcé après l'adoption de la loi. Elle s'est donc déplacée en personne mercredi 29 mai pour assister à l'évènement.

Montpellier est une des rares villes où les opposants n'ont pas manifesté da manière virulente. De plus, Hélène Mandroux, maire de la ville, s'est engagée en faveur du mariage pour tous dès 2009.

Ce mariage a attiré de nombreux curieux qui n'ont pas pu entrer dans la salle de l'hôtel de ville. L'écran géant demandé par la mairie pour retransmettre la cérémonie, a été refusé par la préfecture, pour des raisons de sécurité. Ce qui n'a pas découragé les centaines de personnes qui attendaient devant la mairie.

 De nombreux agents des équipes municipales ont été monopolisés pour la bonne organisation de cette cérémonie. Ils ont donné des consignes d'accès, d'installation et de sécurité aux nombreux journalistes venus du monde entier, assister au premier mariage homosexuel français.

Les trépieds des cameramen et photographes étaient aussi nombreux que les chaises des invités. Certains ont attendu depuis tôt le matin pour s'assurer la meilleure place à la cérémonie prévue en fin d'après-midi.

Les portes de la salle ont été fermées à midi, pour une question de sécurité, jusqu'à l'arrivée des mariés. Un vin d'honneur offert à tous les citoyens présents sur le parvis de l'hôtel de Ville a aussi été annulé, pour les mêmes raisons. Les journalistes présents doivent justifiés leur pré enregistrement sur une liste. Et badge à l'appui, justifier leur identité. La sécurité est au maximum pour ce mariage d'une nouvelle ère.

Du côté des politiques :

Cette loi divise la société et déchaîne les passions avec autant de vigueur que le débat sur l'école libre, trente ans plus tôt.

Les réactions politiques :

Le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, sur Canal+ : "On applique la loi et j'appliquerai la loi à Bordeaux, mais sans cinéma."

Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, parrain historique du festival de musique militant contre le sida Solidays (28, 29 et 30 juin), en conférence de presse : "On vient de voter la loi sur le mariage (gay). On mesure le travail extraordinaire des consciences et de l'opinion. Ce n'est pas un hasard si Solidays affiche complet, car il y a une véritable reconnaissance du refus de la discrimination, et c'est un moment important pour la société française. Solidays tombera juste après les premiers mariages gays(...). C'est un événement majeur, cette année particulièrement."

Les journaux ne nous disent pas où les mariés ont continué la fête. Mais quelque soit la salle de réception qu'ils ont choisi, la bonne humeur était de la partie.